La Nouvelle République, quotidien d’information indépendant algérien - n° 3487
jeudi 6 août 2009
En page 13
Pour un monde merveilleusement libre !
Un voyage poétique au cœur de la Phénicie à travers une écriture qui séduit par son élégance, sa finesse, la subtilité du sens et la beauté des images. C’est ce que nous propose François Xavier, poète de son état, dans son long poème intitulé Le berceau de Phénicie, réédité aux éditions Books on Demand (BoD).
Un poème qui prend l’allure d’une fable à multiples ressorts au verbe poétique qui laisse parler son émotion et sa sensibilité dans un merveilleux livre de poésies ornementées de dessins qui prennent la forme de figures tantôt figuratives, tantôt abstraites. Deux versions graphiques pour célébrer le poème, imaginées par Ladislas Kijno, peintre de renommée connu pour ses collaborations avec des poètes contemporains : Louis Aragon, Tristan Tzara et bien d’autres.
Le poète et ses vers qui nouent le dialogue. Le peintre et ses deux graphiques peintes sur ces poèmes. Un livre qui dégage une lucidité aux allures prémonitoires. Une œuvre à la beauté qui entraîne dans les bouleversements du monde les plus profonds. "Loin du concert ahurissant des normes occidentales régissant l’ensemble de la planète. Car le monde est multiple. Multiples ses peuples. Multiples ses cultures. Donc, multiples doivent être les dialogues qi régissent nos échanges", peut-on lire dans la préface.
Alors, pour vous, Le berceau de Phénicie, "un long songe sur la mémoire du monde et son devenir, incertain." Une métaphore de la Vie qui porte en elle un message des plus importants : l’urgente nécessité d’inventer de nouvelles façons de vivre ensemble et de briser les chaînes de l’ambition dominatrice afin d’édifier un monde de Paix et d’Amour. Au-delà des frontières. Au-delà de toutes limites !
Le berceau de Phénicie : une histoire formidablement passionnante qui se raconte en deux temps
Temps I : Le poète et son don d’émerveillement ...
Au commencement, le verbe du poète surgit d’un hors temps pour porter le mystérieux message de la Vie et de la Mort ressuscités en Amour et en Paix à l’état embryonnaire dans les entrailles de cette "terre sacrée, oubliée", engloutie dans un monde sans couleurs. A la temporalité incertaine ... Envahi par la haine qui se débat dans les va-et-vient de ses bonds en arrière au bord du précipice du Berceau de l’Humanité. La Phénicie ...
(...)
Temps II : Le peintre et son irrésistible désir d’inventer son langage pictural ... Voici alors venu le temps de la Rencontre du peintre avec le poème. Le face-à-face ! Une longue histoire à rebondissements. Entre violence et douceur. Entre désir de fusion avec cette poésie à l’âme sensuelle et l’irrésistible envie de s’en libérer. Un va-et-vient dans un espace délimité qui laisse entrevoir la possibilité d’un monde ... ouvert ... où le verbe poétique et le signe pictural deviennent un lieu de partage où tournoient des infinies de lumières qui nous roulent et nous enroulent dans la spirale féérique de leur magie éblouissante.
Déchiffrer "la langue des profondeurs" du poème afin de rendre accessible "la langue de son âme". Telle est la préoccupation première du peintre.
C’est pourquoi, dans la première version intitulée Variations graphiques 1, il se met à interpréter le poème dans les signes culturels de la terre de Phénicie comme s’il voulait l’enfermer davantage dans ses propres significations.
(...)
Et au bord du vide rédempteur, il crée son propre langage. Une parole qui éclate en monologues picturaux : Variations graphiques 2. Un cri qui prend la forme de hiéroglyphes sortis tout droit d’un imaginaire qui renoue le fil d’une histoire qui se laisse entraîner dans un tourbillon qui fait vibrer les émotions. Le peintre devient, ainsi, créateur de sa propre langue.
(...)
Osez une incursion dans le monde enchanté de la Phénicie telle que l’aiment et l’imaginent nos deux artistes ! Oui. Osez ! Et enivrez-vous des mille et une senteurs des essences de ces idées qui mènent sur les chemins d’une pensée libre où vous goûterez au Plaisir dans ses acceptations multiples. Plaisir du sens. Plaisir des sens. Plaisir d’une œuvre à lire absolument car d’une signification profonde. D’une beauté furieuse. Et d’une actualité on ne peut plus brûlante.
Nadia Agsous