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QUE DIRE AU SOIR DU DOUBLE ATTENTAT D’ISTANBUL,
SINON NOTRE SOLIDARITÉ ET NOTRE DÉTERMINATION |
Illustration : kandinsky
Le double attentat d’Istanbul stigmatise l’effroyable amalgame dans lequel sont désormais pétris les hommes de bonne volonté. Au-delà de l’ignoble et de l’horreur, de l’absurde et de l’insupportable, la mort de ces innocents nous prouve combien il est urgent d’informer dans la juste vérité. Combien nous devons affirmer notre fraternité au-delà de nos petites différences cultuelles ou physiques.
Le discours de Tariq Ramadan se fait encore plus fort à la lecture des revendications de ces attentats perpétrés par un groupuscule fondamentaliste qui radicalise à l’extrême l’actualité. Etre en désaccord avec Israël ne veut pas dire qu’il faut combattre tous les Juifs. Dénoncer Israël ne veut pas dire que l’on est antisémite. Le repli identitaire soufflé par les philosophes de salon à la solde de Sharon n’a pas de sens puisqu’il va à l’encontre des Juifs en les enfermant dans le ghetto de la pensée unique : si vous n’êtes pas avec nous vous êtes contre nous.
Il est certain que parmi les victimes de ces attentats odieux - où la moitié des morts sont des Musulmans - demeurent des Juifs qui n’étaient en rien caution de la politique colonialiste d’Israël. Et s’il en est d’autres qui approuvent Sharon, rien ne peut justifier un tel acte.
Les simples d’esprit iront vers l’affrontement selon l’appartenance à une race, un clan, une religion, alors que nous combattons une doctrine politique, et seulement.
La présence de Michel Warschawski à coté de Tariq Ramadan, lors du Forum Social Européen qui vient de se dérouler à Paris, démontre combien nous avons raison. Ni juif ni musulman, mais Citoyen, avant tout : notre désir est d’ouvrir la voie vers un état laïc où un homme aura une voix. Une Palestine ni juive, ni musulmane, ni chrétienne, mais les trois à la fois dans un cadre législatif et démocratique. Une réconciliation nationale sur le même modèle qui a vu Noirs et Blancs reconstruire l’Afrique du Sud, terre honnie de l’apartheid et de la honte.
Tuer des civils innocents n’est pas une réponse à cette lutte citoyenne. Qu’ils soient Juifs ou Musulmans, qu’ils soient turcs, israéliens ou palestiniens. Dans l’extrême violence toujours combattue mais parfois inévitable, la lutte armée doit toujours opposer feddayin contre militaires ... et épargner les civils.
Toutes nos pensées, en ce jour sacré, iront aux familles des victimes du double attentat d’Istanbul.
et sur Oulala, le dimanche 16 novembre 2003.
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