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GOTTFRIED SALZMANN,
LE PEINTRE DE L’EAU
Documentaire projeté dans l’amphithéâtre de l’Espace Moretti
25 septembre au 15 novembre 2008

Gottfried Salzmann, le peintre de l’eau est un documentaire de 26 minutes réalisé par François XAVIER.

Il a été projeté en avant-première le jeudi 25 septembre 2008 lors de l’exposition inaugurale de l’Espace Raymond Moretti à La Défense, consacrée à Salzmann, "Regards sur la Défense".
Fasciné par les paysages urbains aux structures géométriques et matériaux contrastés, Gottfried Salzmann pose sur La Défense un regard inédit. À travers ses aquarelles, il excelle à magnifier la fluidité de la matière minérale de la pierre, le béton, l ’acier ou le verre.

Il sera projeté en continu dans l’amphithéâtre de l’Espace Moretti pendant toute la durée de l’exposition, du 25 septembre au 15 novembre 2008.
Lundi à vendredi - 12h à 17h -
Informations au 01 47 74 84 24

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"Un poète doit laisser des traces non des preuves"
René Char

Si un poète doit laisser des traces en lieu et place de preuves tangibles de son art maîtrisé, il en est de même pour le peintre qui n’a rien à prouver mais tout à offrir. Gottfried Salzmann trace donc son sillon dans la glaise de l’art pictural à l’aide d’un peu d’eau comme s’il voulait nous rappeler que l’or bleu est indispensable à notre vie. Que l’eau, source de notre origine, est aussi le miroir de nos envies, et qu’un reflet raconte plus qu’un roman de mille pages. Oui, le reflet est bien avant le paysage ce que l’on retiendra d’un souvenir lors de notre passage face à la beauté révélée d’un site ou d’un monument. Comme la vitre fumée ou la flaque d’eau déforme en se jouant des angles et de la lumière, notre mémoire adapte l’image en son reflet et nous la rejoue toujours la même mais jamais identique ...

Tout change donc dans le regard de Salzmann quand il se perd dans un reflet et qu’il le transcende pour mieux nous le restituer sous toutes ses formes, toutes ses nuances, toutes ses allégories qui nous permettent une entière liberté d’interprétation. Devant une aquarelle de Salzmann le spectateur est libre. Enfin ! Point de recherche alambiquée pour tenter d’imaginer ou de tenter de comprendre ce que le peintre a bien pu vouloir dire. Ici, nous sommes dans l’émotionnel, pur, fulgurant. Une aquarelle à couper le souffle, littéralement. Une manière de nous dire que tout change tout le temps, que nous sommes locataires de cette nature dans laquelle nous évoluons et que nous ne la regardons pas assez à son jute mérite. Mais l’eau est aussi matière voire matériau sous les doigts agiles de Salzmann. L’eau devient une partie de la peinture car elle s’associe à l’œuvre en séchant, elle la termine comme elle l’avait instruite. L’eau est la compagne indispensable de ces couleurs chatoyantes, brillantes ou nuancées qui s’éternisent dans les dégradés. L’eau est omniprésente, indispensable. Fil d’Ariane comme nœud gordien, elle sait se faire oublier pour mieux signifier son indispensable présence.
L’eau parle pour le peintre qui aura pu la convaincre de suivre son dessein. Et Salzmann a réussi cette extraordinaire relation faite de complicité et de respect. Tel un sorcier, il sait donner vie à une page blanche en l’éclaboussant d’eau et de peintures. Dans un numéro d’équilibre qui n’est pas sans rappeler les calligraphes japonais ou arabes, il joue avec ses pigments et son bol, arrivant à terme à nous offrir un support qui n’est pas une fin en soi mais une invitation au rêve.
Si vous vous laissez prendre au jeu et capturer par le prisme d’une toile alors vous pénètrerez dans un univers onirique et vous baladerez dans l’espace en état d’apesanteur. Vous aurez accès à un monde en suspension et, tel l’ange de Wim Wenders survolant Berlin, vous vous déplacerez dans ces villes hérissées et illuminées, vous survolerez ces champs multicolores ou ces toits de Provence. Ayez l’oreille attentive, vous y devinerez le souffle du Mistral, le champ des oiseaux, le brouhaha des voitures ...
Vous êtes devant une peintre universelle qui se fond dans l’interaction des éléments, une peinture qui se lie aussi bien avec la photo qu’elle magnifie que le papier qu’elle habille. Vous êtes sur un tapis volant qui, d’un coup de main, se joue dans ambiguïtés et des incertitudes. Une peinture de l’avant en quelque sorte. Une peinture qui étend de sa relation avec les éléments le moyen de mieux accentuer sa soif de découverte. Une peinture ludique, aussi, qui sollicitera dans votre œil gourmandise et intelligence. Vous y rechercherez un repère familier pour mieux le laisser se dissoudre dans l’infini pureté des formes ainsi disposées selon le génie de Salzmann ...

De son rêve d’enfant porté ici devant nous tous, Salzmann en a gardé l’incroyable fraîcheur et la candeur de ses douze ans quand il ne pensait qu’à peindre et à visiter les musées. C’est là qu’il faut y voir la source de ce charme si singulier qu’imprime une œuvre de Salzmann. L’utopie faite œuvre picturale devient un enchantement étrange, une poésie d’un au-delà romantique dessiné et démultiplié dans des univers qui ne sont ni exacts ni propres mais une autre réalité qu’un œil, attiré par d’insoupçonnées illusions, associé à des réminiscences concrètes et mises en relief par l’habile trait noir des contours, nous permet alors de définir dans un sens donné à notre vision.
Mais ce serait oublier la tendance naturelle de la peinture à l’eau : se répandre en parsemant la planimétrie claire de toutes sortes de tons, de taches, de mélanges impossibles. C’est ce mariage ici célébré qui permet ces motifs informels qui se forment de stries ou de gouttes et qui donnent naissance à de si émouvants ensembles ... Finalement, il ne sert à rien de toujours tenter d’expliquer une peinture car un tableau c’est avant tout une émotion. Et si l’on ne parvient pas à tout cerner, tout comprendre, laissons donc la question demeurer en suspend. Et admirons la délicatesse d’une ligne, d’une ponctuation infime à l’acide ou au vernis ; la majesté d’une couleur et la décharge émotionnelle des bleu qui brouillent les sens et offrent le plaisir pur, vif, essentiel ; ou encore abandonnons-nous à la magie d’un éclairage et choyons notre émoi. Savourons le plaisir qui jaillit de la contemplation.

Bien au-delà des métaphores et des utopies cette peinture est une promesse. Elle est un pas vers la lucidité, l’une des raisons d’être de la peinture, mais aussi une envie fugitive et incertaine, un reflet immédiat d’une émotion, d’un regard qui se perd, d’une ombre qui s’efface comme le souffle dernier d’un songe impossible que l’on jurerait avoir saisi, senti, toucher peut-être ...

Le dossier de presse est à consulter sur le document PDF ci-dessous :


DE L’ORIENT A L’AMOUR
En ville(s)- ou les polyphonies de Salzmann en milieu urbain
LA PARENTHÈSE (extraits)
LA ROSE ET LE JASMIN
AZUR MORDORÉ (livre d’art)
LE BERCEAU DE PHENICIE (livre d’art)
LE MIROIR DE LA DÉRAISON
LETTRE DE GIVRE
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